La vie étudiante est loin d'être des plus reposantes. Les sorties, les soirées trop arrosées, les courses, le ménage, la détente et les cours s'ajoutent à une course contre la montre impitoyable qui a pour seul enjeu la réussite. Pourtant, était ce une raison valable pour faire de ce blog un espace commun aux autres, où l'écriture n'a même plus sa place dominante et dont le seul but est de relater la fête de la veille avec une économie considérable de mots? Sincèrement, je ne pense pas. C'est pourquoi aujourd'hui est un tournant historique dans notre vie à tous, car je le clamerai haut et fort, cracherait sur les tombes de mes opposants et continuerait à lever haut cette nouvelle affiche : Je me réapproprie mes écrits, j'y passe à nouveau du temps afin de peser chaque mot et de ne pas faire dans l'inutile rengaine "hier soir on a kiffé à mort on s'est bourré la tronche comme des cuvards et on a déguelé dans le lavabo!". Ce n'est pas ce que j'ai envie d'écrire, et ce n'est sûrement pas ce que vous avez envie de lire. C'est donc parti à nouveau pour un vrai blog sur une vraie vie dans une vraie fac avec de vrais amis.
A l'université, il faut des nerfs en acier pour afficher toujours votre plus grand sourire colgate. Tout joue contre vous. Le temps. La fatigue. Les cours. Les devoirs. L'ennui agémenté de solitude dans votre chambre pendant les "heures creuses". L'avenir. Vous vous enfoncez de jour en jour vers une tâche noire et c'est l'une des raisons pour lesquelles les cours commencent déjà à se vider, semaines après semaines. Pour lutter contre tout ça, vous avez -- du moins vous devriez en avoir -- des amis. Fidèles ou non, présents ou non, anciens ou non, on s'en moque. Il se peut que vous vous sentiez plus à votre aise parmi des inconnus que vous croyez connaître que parmi les gens que vous connaissez depuis le collège. Il se peut que vous préfériez passer du temps avec certaines personnes quand vous devriez être présent pour d'autres. Il se peut que vous ayez tout simplement besoin de les rassembler mais que dans ce monde ce soit l'une des tâches les moins aisées. Cependant, vous avez des tas d'amis. Et ils vous aident à vous faire une place dans le nouveau monde qui vous entoure. Ils vous protègent, vous conseillent, mais peuvent aussi vous arrêter quand vous allez trop loin. Chacun à son opinion, et personne ne la donnera, de peur d'influencer ou de blesser. Aucune routine. Aucun temps mort. Sauf les journées sans cours. Vendredi. Samedi. Dimanche. Les nuits du week end sont bien sûr pleines et agitées. Mais les journées sont vides et relaxantes. Le moment de travailler enfin sur vos cours. Malgré tout ça, vous savez que vous pourrez toujours compter sur quelqu'un ici. Que si vous sentez un jour vos épaules céder, vos genoux trembler et votre moral sombrer, vous n'avez qu'à frapper à l'une de ces nombreuses portes, et peu importe quel en soit le propriétaire, il saura vous redonner l'espoir. Et c'est l'une des plus belles choses qu'un étudiant puisse connaître à l'université, et vous savez que vous n'aurez jamais peur d'être seul ou jeune. Comment ne pas avoir le moral dans de telles conditions?
[Pour ton anniversaire, on fera une fête. Mais pas ce genre de fête que l'on fait tous les jours. On commencera le lundi à minuit. Et on finira le mercredi matin. Comme ça tu sauras ce que sait que d'avoir 18 ans.]
Cette fête ne se fera peut être pas sous ce plan là, il faudrait pouvoir assumer les cours du mardi et du mercredi sans problèmes, surtout que nous devrions avoir un avant goût des partiels cette semaine là. Ce que je redoute le plus c'est un examen le 5 décembre. Je ne serai pas capable de ne pas faire la fête la veille. L'étudiant est un rebelle dans l'âme, toujours à chercher la plage, mais il ne faut pas jouer avec les anniversaires. En résumé, dans "exactemento" trente sept jours j'aurai, je l'espère, l'une des meilleures soirées ici. Et c'est dur à faire, car tous les matins, au réveil (c'est à dire à 16h) on se dit tous les uns aux autres "Hier c'était la meilleure nuit depuis qu'on est arrivé!" Quand on analyse la situation, pour passer une très bonne soirée il ne suffit pas de choisir un bon endroit. Tout ce qui importe c'est d'être entouré des bonnes personnes. Les nuits sont bien plus belles que les journées ici, c'est indéniable!
En plus d'être errintante, cette vie est coûteuse. Heureusement, grâce à Douglas, je ne suis jamais à court d'argent. Surtout quand ce malin appuie sur la touche 200€ quand j'en retire 20. Mais c'était sans compter la ténacité de mon banquier qui a tout simplement... rejeter ma carte. Au moins, je n'ai pas eu 200€ à dépenser et j'ai pu retirer mes 20 petits euros. Dépensés hier à la foire. Alors que j'avais prévu de passer une soirée si tranquille, loin de la débauche des soirées précédentes -- en résumé pour les 16 ans de Stéphanie nous avons TOUS eu la tête à l'envers et cela très tôt... Les bouteilles que Doug et moi même gardions pour une occasion spéciale ont servi. Trop servi. -- Toujours est il que, passant dire bonjour à mes voisins de batîment, je me suis fait entraîné jusqu'à la foire St Romain. Et que j'en aurai pour longtemps des étoiles plein le bol. Jamais, je dis bien jamais, je n'ai eu un tel fou rire que celui que Doug et moi avons partagé, la tête dans le vide. Marcher tels Brad Pitt et Angelina Jolie dans Mr&Mrs Smith avec Fotini, c'était extra. La chaleur des churros, les sourires des badauts, l'estomac retourné, les cris des gens, les sourires, la musique, la joie tout simplement. Retour déjà programmé. Et dire que je n'aurai toujours pas mon appareil photo. Vivement que je l'ai, tant de moments que je n'ai pas eu la chance d'immortaliser autrement que par mes souvenirs, et tant de souvenirs qui ne restent pas plus que le temps d'une soirée.
L'incertitude règne encore quant à nos cours demain. La faculté est assiégée depuis jeudi soir, étudiants et professeurs s'étant mis d'accord pour barricader les locaux en guise de représailles contre le gouvernement et la loi Précresse. Demain le blocage devrait se poursuivre. Du moins le matin. L'AG devrait voter la fin ou non de ce mouvement. Le plus dur étant de se lever d'une heure matinale pour RIEN. Tout en sonnant l'alarme "partiels", car ils sont proches déjà et personne n'a envie de rater son année, surtout pas moi. J'ai envie de partir en Angleterre l'année prochaine, y faire ma deuxième année, découvrir de nouvelles choses. Mais surtout pas refaire une première année ici. Pas pour les cours. Surtout pour la nostalgie de celle ci qu'une telle condition engendrerait.
J'aurai aimé posté cet article ce soir. Mais la connexion en a décidé autrement semble-t-il. Tant pis. Je vais aller me faire à manger, potasser quelques cours et dormir une longue nuit de sommeil, la première depuis si longtemps. A bientôt. Bonnes vacances aux chanceux. Bon courage aux autres.
lundi 29 octobre 2007
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