lundi 19 novembre 2007

Des nouvelles du Front

Alors que le campus de Rouen entame sa quatrième semaine consécutive de conflit contre le gouvernement, les étudiants crient à l'injustice. Les grèvistes ne comprennent pas que les anti-grévistes couvrent de leurs banderoles les tags préalablement inscrits sur les murs par les mécontents du système. Les esprits s'échauffent, les poings meurtris par le froid glacial environnant et il ne suffit que d'un mot de trop pour que les chaises quittent les portes pour atterir avec fracas dans la tête d'un étudiant.

Les chaises et les tables empilmées donnent envie aux étudiants d'étudier loin de ce cafarnaum, c'est la raison pour laquelle ils s'isolent tous dans la grande bibliothèque jusque là intouchable par les mouvements bloqueurs. Cependant, aujourd'hui à 15h45, une affreuse déclaration résonne dans toutes les salles de l'endroit : en raison de la grève, la bibliothèque est contrainte de fermer ses portes le lendemain.
A l'écoute de cette simple phrase, des dizaines d'étudiants mugissent, lèvent les yeux au ciel, tapent du poing sur la table. Le conflit, à deux doigt de devenir mondial, nous rappelle déjà les horribles images de livres d'histoire, celles où l'on voit ces étudiants lancer des pavés, ces CRS lancer des étudiants sur les pavés. Déjà certains s'en vont à confessent, d'autres envoyent un sms à leur schaman personnel, afin de protéger leurs différentes âmes.

A quelques centaines de mètres de tout ça, dans une résidence étudiante,les quelques rares étudiants présents occupent leurs journées comme ils le peuvent. Certains dorment jusqu'à ce que le soleil se couche enfin, d'autres font du shopping, d'autres encore étudient ou font semblant, préférant rédiger de nouveaux articles sur leur blog ou renouer un contact éphémère avec la civilisation via la connexion de la bibliothèque. Mais la vie étudiante ne devient interressante une fois la journée terminée. Certains se retrouvent pour cuisiner, quand d'autres regardent un film. Les activités sportives se pratiquent dans ces moments là, dans la joie et la bonne humeur. Il arrive souvent que les jeunes étudiants comparent la presse nationale et régionale, une sorte de revue de presse personnelle où chacun essaye de comprendre comment un pays peut aller aussi bien et aussi mal en même temps. Des projets font leur apparition, la plupart d'entre eux consistant à quitter la résidence pour boire un verre dans un des nombreux pubs de la ville, ou encore de regarder une ribambelle de films cultes. Toujours est il que bien souvent, dans toute cette agitation, il reste beaucoup de temps pour penser. Penser à vos amis, votre famille, aux gens qui sont avec vous en ce moment et aux absents. Les étudiants attendent fermement la reprise des cours, officieusement ils profitent de leurs vacances forcées et ne sont pas si pressés d'avoir à se lever aux horores.

Cependant, même s'il ne prône pas, le travail personnel est de mise et l'entraide naturelle. Mia, étudiante mexicaine raconte : "Hier soir, nous avons travaillé jusqu'à 4h du matin sur un essai concernant les différences dans les familles françaises et mexicaines. Ce pauvre Anthony a du travailler sur un projet qui n'est pas le sien, tout ça parce que je suis incapable d'écrire cinq pages en bon français." Anthony de rajouter : "Même si ce fût difficile, ce fût une aubaine de travailler sur ce projet dans la mesure où Mia avait tapé son essai en anglais et que cela m'a permis de traduire cinq pages d'anglais veritable en français correct, sans pour autant faire tout le travail puisqu'elle traduisait de son côté et que je corrigeai ensuite avec ma propre traduction."
Aujourd'hui, après une très courte nuit de sommeil, Mia est allée en cours, étudiant à l'ESC. Anthony lui est allé déjeuner au restaurant universitaire avec Doug et Fotini. Puis ces derniers sont tous allés dans une bibliothèque différente afin d'étudier. Au final, Fotini et Anthony se sont retrouvé mais ni l'un ni l'autre n'a vraiment étudié, dans la mesure où ils profitaient exceptionnelement d'une connexion internet gratuite et rapide.

Cependant, ces étudiants utilisent ce temps libre pour visiter différents lieux touristiques. Hier par exemple, après une autre nuit sans sommeil, ils ont visité Etretat, ont vu la plage et la neige dans la même journée et ont profité d'un froid à "tuer un ours polaire". Plein de projets, ces étudiants sont pourtant confrontés à un problème majeur et se définissent à chaque achat par un adage populaire ici bas : "non, nous sommes de pauvres étudiants fauchés."

Au fur et a mesure que le soleil se couche sur le campus de Mont Saint Aignan les doutes quand à la soirée emplissent déjà la tête de certains. Que cuisiner? Que faire après? Mais surtout comment combler toutes ces heures avant le lendemain? Oui, la vie étudiante ressemble à ça en temps de grève nationale. Le plus dur ne sera pas la chute, mais la reprise, qui plane au dessus des têtes étudiantes comme une épée de Damoclès.





***Message à tous ceux qui ont dans l'idée de m'envoyer une carte d'anniversaire pour mes 18 ans -- dans 15 jours ;) -- L'idéal serait de l'envoyer de sorte à ce qu'elle arrive au plus tard le samedi 1er décembre, car je suis chez mes parents ce week end là. Je serai alors en mesure de les lire pour mon anniversaire, sans attendre quelques semaines. Et comme la distribution du courrier à la résidence est... aléatoire dirons nous (un mois de retard pour des papiers importants) je préfère vivement cette solution. Merci à tous ceux qui accepteront de s'adapter cette année, avec un peu de chance, l'année prochaine vous écrirez une adresse en angleterre sur l'enveloppe!****




Des nouvelles du Front

samedi 10 novembre 2007

Important

Haha. Je suis fauché. Si vous gagnez au loto, que vous prévoyez de léguer un héritage dans les jours qui viennent, pensez à ce pauvre étudiant que je suis! Haha.

"Et patati et patata toute la journée ça n'arrête pas"

Semaine sans cours à nouveau. Toujours pas de travail personnel... Mais pas vraiment le temps non plus!

C'était la semaine de l'aventure, espérons qu'elle ne devienne pas le mois de l'aventure. Dès lundi soir déjà nous lancions les festivités. Vous vous souvenez de la taille des lits dans nos spacieux appartements? Et bien nous avons dormi à trois dans un de cela! Dormi est un bel oephemisme dont je vous fais cadeau de bonté de coeur.
Mardi, aventure pedestre jusqu'à carrefour. "C'est loin?" "Non, 15 minutes" "..." "Ok, ça fait 45 minutes qu'on marche là." "C'est parce que je reconnais pas l'endroit!"
Mercredi, aventure dont je préfererai garder le moins de souvenirs possibles... Seule fête de la semaine, il a fallu que l'on se détende un peu avant la grosse journée du lendemain. La détente, c'est pratiquement de l'histoire ancienne pour moi. Au moins, c'est dans ce genre de moment là que l'on découvre qui tient vraiment à vous. Ok, vous vous demandez tous ce qui s'est passé pour que ce soit aussi tabou. Alors je vais faire bref. Mercredi soir, retour de la soirée au panorapide, rendez vous quotidien aboli depuis trois semaines. On se dit que l'alcool c'est cher dans les soirées alors on se saoûle à la maison et on paye rien là bas. Cocktails fortiches mais débiles à base de vodka, smirnoff, whisky. Bières à volonté. Forcément, on est très vite achevé. On passe d'abord à la résidence du panorama, où le gang du panorama a fait comme nous. Doug me dit qu'on devrait peut être attendre avant de reprendre à boire et j'accepte l'idée. Arrivés à la soirée, on se partage les boissons planquées dans les fringues et les sacs. Apparement, Corinne me demande mon téléphone, je lui donne. Mais une heure plus tard, j'alarme tout le monde : j'ai perdu mon téléphone. Après deux heures de stress intense, on entend une fille hurler dans l'herbe. On y va. Corinne et Asli sont par terre, Asli blessée au genou. Corinne me rend mon téléphone et je ne comprends pas pourquoi c'est elle qui l'a. Asli hurle à la mort. Trop d'alcool, de stress = bad trip incontrolable, je me mets à pleurer avec Fotini, sûr que si Asli est blessée c'est ma faute. Doug arrive et essaye de me calmer pendant trois quart d'heure, à base de "tu verras, on en rigolera tous un jour!" Seulement ça ne marche pas. Tout le monde y va de sa méthode, tout le monde ou presque. Ceux qui ont vraiment aidé sont les plus proches de moi, c'est normal. Mais même des gens comme Mark, que je dois voir une fois toutes les deux semaines, y a mis du sien. Bref, une fois mes esprits retrouvés, cette allemande m'accoste, me drague ouvertement, et je repars avec. Jusqu'à ce que Fotini m'appelle me disant que l'on doit se reveiller dans une heure trente pour prendre le train et que donc, par conséquent, il faut qu'on rentre se doucher et faire les sacs. ... Soirée affreuse.

Jeudi, la meilleure des aventures. Il est 5h passé. Nous voulons prendre une douche afin d'être complètement désaoulés. Problème : une seule douche sur huit est convenablement chaude. On y va donc chacun notre tour. Une fois prêts, Doug, Fotini et moi prenons le bus vers la gare, le train vers paris, le(s) métro(s) vers la gare de l'Est -- ou du Nord en fait -- et le RER vers... "DISNEYLAND TADADADADADAAAAAAA" (citation de Doug)

Résumé de la journée :





Malheureusement, l'appareil nous lâche pendant la parade, et donc aucune photo de nous dans les Dumbos, les tasses, les poupées, les attractions pour gosses en fait. 19h, on se dirige vers la sortie quand la musique s'élève et le parc se retrouve dans le noir complet. Mickey arrive, et de sa magie illumine les quinze bougies du château -- ils en ont oublié trois pour moi -- puis fait tomber une pluie d'étoiles sur le parc. On a reçu des litres de pluie, on reçoit des litres de pluie et pourtant rien ne peut gâcher cette journée. Rien?

C'est sans compter sur la SNCF, qui, dans le train nous ramenant à Rouen a décidé de jouer avec les nerfs des passagers. Le contrôleur nous réveille trois fois, nous complètement errintés après une nuit sans sommeil, une gueule de bois, une journée à marcher et à rêver éveillés, pour nous dire qu'il va nous contrôler. Il ne nous demandera jamais nos billets! Montés à 21h30 dans le train, celui ci s'arrête gare de Vernon à 22h20. Il n'en repartira pas! La locomotive est en panne, nous reveille-t-on encore! Les réparations vont prendre une demie heure. C'est toujours une demie heure de sommeil en plus. Ha mais non, on reparle dans l'interphone pour nous dire qu'effectivement la locomotive est en panne, on en accroche une autre, merci de votre silence. Là les gens s'enervent. Silence?? Oui, silence on dort! Quelques dizaines de minutes plus tard, on nous réveille encore pour nous dire que la deuxième locomotive ne marche pas non plus, qu'on doit attendre le train de minuit. Il est 23h. Une heure de sommeil, c'est géant! Ha mais non, toujours pas. Il faut descendre du train, attendre dans le froid glacial. Mais pourquoi?? Le train n'ira nulle part de toute façon! Ha bah si, une fois les passagers descendus le train repart... Le train repart?!! C'en est trop, nous allons manifester dans un bistrot derrière la gare! Le train arrive enfin -- avec du retard -- et nous partons vers Rouen. Arrivée intialement prévue à 22h45, nous arrivons à 1h06 là bas. Le dernier bus est passé il y a deux minutes, et il nous faut attendre plus d'une demie heure dans le froid pour un malheureux taxi.

Les souvenirs restent cependant intact.


La semaine prochaine, toujours la même incertitude quant aux cours. Doug nous reviendra de Stockolm, Suède, lundi. Jusque là, Fotini et moi préparerons sa fête de retour -- en gros on fera à manger... Malheureusement, cette semaine, pas de Disneyland pour nous faire languir.

samedi 3 novembre 2007

C'est presque ça...

Retour à Evreux pour un long week end. Un peu trop long, quand vous passez votre temps à dormir, un peu de travail (la première fois de la semaine!)et le plus clair du temps restant à penser à ce que vous seriez en train de faire là bas. Des messages de là bes justement, ça vous remonte toujours le moral. Surtout quand on vous dit "on est allé au D3 avec les autres. Nous on y est pas allé. Mais on fera la fête demain parce que tu rentres".

Seulement, être ici ça a ses avantages. Le premier?


LE CUISINIER N'A PAS CETTE TETE LA!


Vu comme ça, ça n'a pas l'air très parlant, n'est ce pas? Mais imaginez seulement que pour la première fois depuis trop longtemps j'ai enfin de la vraie nourriture dans mon assiette sans payer ni lever le petit doigt pour la cuisiner!


Les avantages suivants sont une vraie connexion à internet, une baignoire avec température de l'eau réglable et de la musique en libre écoute dans la salle de bain, un grand lit, peu de dépenses, le pain-perdu que je déguste en écrivant ces mots.

C'est aussi le moment de retrouver la famille, la famille française qui parle en français tout le temps! En effet ça peut paraître complètement délirant mais... wow ça fait un de ces changements de n'entendre que du français et bien parlé en plus!

La semaine se programme un peu. A vrai dire il n'existe jamais un programme très fidèle mais il est prévu un voyage à Disneyland, après le jour de ce dit voyage... ça dépendra surtout des banques de chacun. Lundi, toujours pas de cours à l'université, peut être le dernier jour de la grève, qui sait? hônnetement, je ne suis pas contre une deuxième semaine de vacances, mais j'essayerai cette fois ci de mieux gérer tout ce temps libre, l'orienter vers mon bureau et les cours qui s'y empilent par exemple.


Je mène deux vies. Et elles sont diamétralement opposées dans le sens de la longueur. A vrai dire, la seule chose qui ne change pas de l'une à l'autre, c'est moi. D'un côté mes parents, ma soeur. De l'autre, les big bro sis, cousins, godfather, grandmutti, amis et tout le reste. Et il suffirait d'un coup de pouce pour que tout s'agite et se mêle... Je verrai bien une pizza le 1er décembre. A discuter.


Quant à nous. Vous et moi. Merci de votre fidélité, vos encouragements, vos remarques et vos sourires. Passez quand vous voulez. Cette porte reste ouverte pour un moment. Et si vous cherchez où me trouver... Vous y arriverez aisément : suivez les rires, les sourires, les Esros et autres Fuck. Je ne serai pas loin.

jeudi 1 novembre 2007

Un mois

Et voilà. Déjà un mois de nouvelle vie. Vie internationale. La belle vie.


Un petit montage parlera plus à mes souvenirs que tout autre chose.
Enjoy!





Un mois de magie. Et tant d'autres à venir!
Merci pour votre passage aujourd'hui, hier, demain et les autres!