Enfin. Enfin certaines choses à expérimenter en tant que première année à la fac ! Et quelle histoire !
Alors que les révisions vont bon train – j’ai peut être d’ailleurs trop révisé aujourd’hui, ma journée n’a pratiquement été que sous le signe des études – il me fallait me rendre chez les médecins de l’université pour me soumettre à une visite médicale obligatoire. Rien qu’à l’idée que je devrai uriner dans un bocal, je ne pouvais plus aller aux toilettes. Oui, me vider sous la pression est l’une des choses les moins aisées que j’ai eu à faire dans ma vie, alors uriner en sachant que je suis attendu, que des gens vont regarder et étudier le contenu de ma vessie, c’est d’un romantisme qui néanmoins m’échappe totalement. Cependant, j’avais décidé de mettre toutes les chances de mon côté. Pas de pause pipi avant de partir le matin, beaucoup d’eau au restaurant universitaire et un litre et demie de coca cola suivi d’un demi litre de jus d’orange une demie heure avant la visite. Autant vous dire qu’une fois parti de chez moi, les vingt minutes de marche ont été plus pressées que ce que j’avais espéré. Arrivé donc à l’heure, l’urine prête à faire le grand saut et le plus tôt serait le mieux, je me présente à l’accueil où l’on me demande gentiment de patienter. Je suis d’accord, patienter ne me dérange pas mais s’il vous plaît donnez moi le bocal en vitesse.
-Ecoutez mademoiselle, il vous fait un rendez vous. Oui je sais. Il fallait venir à votre rendez vous dans ce cas là. Bon, je vous en redonne un autre. Quel est votre nom ? Ha je cherche. … Votre nom n’est pas dans l’ordinateur, vous pouvez me le redonner ? Très bien. Et vous voulez un rendez vous pour ? Ha vous m’avez donné votre prénom ? Je cherche dans l’ordinateur alors. … Non toujours pas, vous pouvez me donner votre nom encore une fois ?
Après un joli quart d’heure d’attente parce que sans-nom voulait un rendez vous pour le 30 février et pas un jour existant dans le calendrier, on me dit « suivant » et je suis demandé de me dépêcher.
-Vous comprenez, j’ai d’autres personnes qui attendent.
Je comprends surtout que les secrétaires sont parfois mythiques. Parce que l’adresse de mes parents ne lui plaisait pas, la dame me demande mon adresse. Mon adresse… Bon sang, où est ce que je peux bien habiter moi ? Hum… J’ai vu tout à l’heure quelqu’un qui parlait du bois sur Internet avec rue maréchal quelque chose. Maréchal Joffre ? Juin ? Allez, Juin.
-Ha bah en fait je l’avais dans l’ordinateur. C’est marrant hein ?
En étudiant l’anglais j’ai du en attraper l’humour à froid car son sourire a vite disparu en admirant le mien, inexistant. Une fois tous les renseignements pris et qu’elle fut en possession d’assez de renseignements pour me proposer un rendez vous avec elle au restaurant ou renseigner le KGB sur mes affiliations secrètes avec mon supermarché de prédilection, elle m’envoie sagement « uriner dans un gobelet que vous trouverez dans les toilettes, troisième porte à gauche. »
Troisième porte à DROITE, je trouve donc enfin le royaume tant attendu. Avant d’entrer, une infirmière me tombe dessus et me dis « je vous attends ! ». Sacrilège ! Ne jamais dire que vous m’attendez si je dois faire pipi ! Résultat, trois minutes après je sortais fièrement avec mon trophée jaunâtre et chaud à souhait, prêt pour l’analyse.
L’analyse terminée, je suis l’infirmière dans son bureau où la CIA a décidé de me faire passer un entretien d’embauche.
-Est-ce que vous fumez ?
-Non.
Détecteur de mensonge ou pas, elle a du déceler dans ma voix quelque chose de faussement trahissant puisque j’ai eu à subir toute une info tabac, dangers, numéros de téléphone, et regards accusateurs.
-Buvez vous de l’alcool ?
-Oui.
-Ha…
Parce que là ça ne la satisfait pas quand je réponds oui ?
-Tous les jours ?
J’ai une tête de poivrot peut être ?
-Non, peut être trois jours par semaines, quatre les semaines spéciales.
-Et beaucoup ?
-Pas toujours, peut être une fois par semaine il peut arriver que la veille soit un blackout.
Allez, c’est reparti pour information, danger mais pas de numéros de téléphone cette fois.
-Vous fumez du cannabis ?
-Non.
-Vraiment ?
Heu elle se moque de moi la blondasse en blouse blanche ?
-Vraiment.
-Même pas essayé ?
-Si, trois fois, avec ta mère, ton père et ton chien.
C’est ce que j’aurai du répondre. J’ai seulement répondu non. Et j’ai eu droit à l’information, danger, numéros de téléphone. Enchaînant sur la contraception, je lui ai sorti mon préservatif de mon portefeuille, avec un grand sourire et prononçant les mots magiques « sortez couvert ». Pas d’information. Pas de danger ?
-Vous allez vous peser et vous mesurer. … D’accord, c’est parfait. Alimentation équilibrée ? Ok. Vous cuisinez ?
Est-ce que je suis supposé dîner avec toutes les femmes du service ? Après un coup de téléphone de dix minutes avec quelqu’un d’important – sûrement son chien pour lui dire que jamais il n’avait fumé de cannabis – elle me dit que finalement je peux partir attendre le médecin.
Dans la salle d’attente, je tombe sur un ami erasmus, Dan, et on parle. Une fois qu’il est parti, je commence à lire un livre. Que j’aurai pu finir je pense. Une secrétaire passe, me demandant si on m’a oublié.
-Vous me faites une blague ?
-Non, il doit être en consultation…
-Ok, il doit…
Une demie heure après ou presque, le médecin vient me chercher et jette un œil à ma lecture. Merde Actually.
-Ho, Valérie, vous savez la femme du cousin germain de ma tante par alliance avec le pape m’a dit qu’il était génial.
-Non je ne sais pas non…
-Vous le lisez en anglais ?
-Oui.
-Génial.
-Si vous le dites.
-Vous me racontez ? En fait je crois que ça parle de …
Et bla bla bla. Je ne sais pas comment il en est venu à me parler en allemand – véridique – mais c’était une conversation intéressante pour quiconque comprend l’allemand. Et le suisse aussi… Vraiment gentil comme médecin. Mais vous n’auscultez pas ?
Arrivé à cette étape, tout est parfait. Me mouchant pour la quarante septième fois et crachant pour la trente huitième fois depuis que j’étais arrivé dans son bureau, je range mes affaires, prêt à m’enfuir.
-Ho attendez, je vois que vous voulez être journaliste ! Et vous saviez que…
Tout y passe, même ce dont je n’ai aucune idée à propos d’un homme noyé dans une flaque d’eau pour 150 000€… Oui vraiment intéressant…
Une fois le cabinet quitté, je reprends le fil de mes révisions. Puis m’arrête deux heures après, réalisant que j’ai une semaine et demie encore devant moi avant les examens. Puis je me décide à taper cet article, en réalisant à la fin de celui-ci qu’internet… fait des siennes !
mercredi 16 janvier 2008
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
2 commentaires:
une 2ème visite médicale s'impose car nous avons trop rigolés de ton expérience de ce mercredi après-midi...
On t'embrasse bien fort.
On t'aime. Et tu nous manques.
Hello my son,
Lucky, tomorrow friday, it-self to do cuddly full.
Excuse my English deplorable.
Big bisous.
Enregistrer un commentaire