mercredi 25 juin 2008

Voilà, c'est fini

On va pas se dire au revoir comme sur le quai d'une gare...


L'heure est au bilan pour nous tous, de retour dans nos familles, à nos petites vies sans grand intérêt à côté de l'année qui s'achève petit à petit. Je pensais que mettre à jour ce blog serait une chose aisée, mais il y a un an j'étais loin de m'attendre à ce mode de vie, pensant que ma vie changerait un peu, certes, mais pas autant. Quand je dis "c'est fini", ce n'est pas vraiment vrai. Ce sera fini dans vingt quatre heures maintenant, les résultats en main, qui décideront d'où ma carcasse atterrira après cet été. Deux possibilités, une plus réjouissante, mais l'autre tout aussi bonne : soit j'ai un peu échoué et je fais ma deuxième année à Rouen, où rien ne sera comme avant puisque les Erasmus feront place à de nouveaux et qu'il subsistera cette nostalgie du temps passé. Mais ce serait aussi retrouver les français, nombreux et attachants. Soit j'ai atteint mon objectif, et vendredi matin je suis officiellement un étudiant Erasmus, prêt à m'embarquer pour la plus grande aventure qui m'ait été donné d'entreprendre jusque là, parant pour l'Ecosse et ses mystères, où je retrouverai bon nombre de grands amis rencontrés cette année. Je ne vous mentirai pas, ma déception se fera sentir si je ne pars pas, mais je sais que je serai heureux de rester un an de plus ici, après le recul nécessaire.

Je n'ai jamais vraiment eu le stress, le bac? J'adorai l'ambiance détendue avec les amis du lycée. Les résultats? Je ne m'en faisais pas tant que ça, même si, à mon habitude, j'étais défaitiste et me projetait plus vers l'échec que vers la réussite. Cette année, pareil. Au premier semestre, ils nous ont fait tellement patienter pour les résultats que j'étais parti pour décrocher, changer d'orientation et tout laisser tomber. Je m'étais donné un mois, jusqu'aux résultats en fait, cherchant à droite à gauche que faire. Puis les résultats sont tombés, dans les premiers de la promo, j'étais en mesure de faire une demande de transfert vers l'université d'Edimbourg. J'ai donc lancé le dossier, sans trop y croire, mais prêt à rester. Deux semaines avant les examens finaux, les réponses tombaient. Deux étudiants seulement avaient été sélectionnés. J'étais donc monter au cinquième étage sans grand espoir, puis avait lu la feuille de haut en bas. Une première fois. Puis une deuxième pour être bien sûr. C'est après la troisième lecture que j'ai atterri. J'étais parmi les deux étudiants. Seul vrai première année, la deuxième étant redoublante. Je ne savais pas si je devais être fier, heureux, ou craintif. Je crois avoir été les trois en même temps.

Les examens finaux sont ensuite arrivés. Jamais je ne me suis senti aussi lessivé, aussi stressé et fatigué. Comme toujours, je pense avoir raté. Après tout, il ne me faut que 7,802 pour partir. Ce n'est pas tant que ça. Mais les examens ne se sont pas aussi bien passés que ce que j'attendais. Une erreur de traduction, qui ne devrait pas me coûter trop cher, mais toujours. Un essai trop long, inspiré par le sujet je n'ai pas eu de retenue. Un examen d'allemand auquel j'ai bien failli ne jamais arriver, réveillé par le téléphone deux minutes avant le début de l'épreuve. Un examen de littérature assez moyen. Et la linguistique française... vous connaissez mon avis sur ce sujet...Il y a eu aussi des bon côtés, tout n'est pas si noir. Une traduction du tonnerre, une brochure de grammaire haut la main, un essai de cinéma plus qu'inspiré, un oral d'anglais plus que réussi ("je vous arrête deux secondes jeune homme... Vos parents viennent du royaume uni??"), une compréhension orale sans grand problème, et un essai de civilisation américaine convenu.
D'où les grands doutes qui planent et planeront encore jusqu'à demain, voire vendredi d'après certains dires.

Il ne reste pas grand chose à dire. Quitter la ville de Rouen lundi matin a sûrement été le départ le plus douloureux de mon histoire, pourtant habitué à quitter des endroits magnifiques depuis l'enfance. Mais le passage à l'âge adulte fait que quand on est seul et que l'on quitte son premier vrai habitat à soi, on veut souffrir en silence mais on se laisse facilement débordé par nos émotions, surtout, et ça c'est la moins commune des choses, quand vous enlevez la clé du trousseau de clé devant des regards posés sur vous...

Je reviendrai ici, poser l'annonce des résultats et la possible réunion Erasmus qui peut encore m'ouvrir ses portes vendredi. Jusque là, portez vous bien!